Wskazówka:
Journaliste : Fabien, vous n’êtes pas un rappeur, ni un poète, mais un slameur. Parlez-nous du slam. 
Fabien : Le slam est une forme de poésie venue de Chicago, mais le terme original désigne un tournoi de poésie. Les compétiteurs se choisissent un pseudo et scandent leurs textes a cappella. Moi, je scande avec ou sans accompagnement musical, ça dépend. 
Journaliste : Vous êtes l’un des premiers à avoir popularisé le slam en France. De quoi parlez-vous dans vos textes ? 
Fabien : Juste une chose à préciser avant que je réponde. Certains veulent à tout prix définir le slam comme de la poésie urbaine. Je ne suis pas trop pour. On peut faire du slam au bord de la mer ou à la campagne, n’est-ce pas ? Moi, j’aime bien dire que le slam, c’est plutôt de la poésie de proximité. Je touche à des sujets qui nous sont très proches, comme la famille, la société et la vie de tous les jours. Voyons, on vit tous à peu près les mêmes choses en tant qu’êtres humains, avec des émotions, des défaites, des victoires, des envies, des projets... Et dans tout cela, le thème qui revient le plus souvent dans mes écrits, c’est le handicap. Si j’en parle, ce n’est pas par hasard : il me concerne personnellement. À l’âge de 20 ans, j’ai eu un grave accident à la suite duquel j’ai été entièrement paralysé pendant longtemps. 
Journaliste : Parlons maintenant de votre dernier album. Il est né comment ? 
Fabien : Ce sont des textes qui datent de ces deux dernières années. Vous savez, je ne pense jamais à un album quand j’écris. Après, quand je décide d’en produire un, je prends ce que j’ai en magasin, je choisis. Bref, je profite des textes que j’ai déjà écrits. Et puis évidemment, j’en crée d’autres. Ensuite, il faut travailler la mise en musique. 
Journaliste : Vous vous souvenez du moment où vous avez découvert le slam ? 
Fabien : Tout a commencé quand mon copain m’a invité à un tournoi de slam qui avait lieu dans un café. Je l’ai accompagné, je me suis assis, et là, j’ai pris une claque. Ça a été une révélation. Pendant deux heures, j’ai entendu des gens très différents dire sur scène des textes a cappella. Ce qui m’a marqué, c’était que tous les participants se revendiquaient poètes. Je me suis alors rendu compte de la noblesse du mot « poésie », qui, jusque-là, était pour moi un truc vieillot. Aujourd’hui, je me dis : « Si c’est ça être poète, c’est très classe. » Pour moi, c’est incroyable que là, on puisse être poète même en jean-baskets ! 
Journaliste : On parle moins de slam aujourd’hui. Pourquoi ? 
Fabien : Mon premier album a été très médiatisé... Mais ça, c’est déjà du passé. Soyons honnêtes, aujourd’hui, le slam ne passe pas à la radio et il est rarement présent dans les grands médias. Dans la plupart des cas, si on veut entendre du slam, on doit aller à un tournoi de slam. C’est pourquoi, pour propager ce type de poésie, j’ai monté un projet avec l’Éducation nationale. Je suis sûr que le slam attirera de plus en plus de monde dans les années à venir. 
Na podstawie: www.ouest-france.fr